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Almost done with this book

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“L’écoute et l’observation empathique d’autrui nécessitent souvent une certaine attention et une pratique régulière. Cinq conseils peuvent vous en faciliter l’acquisition :

  • Passer du global au spécifique. S’entraîner à fragmenter et à balancer son jugement : chez cette personne, qu’est-ce qui me plaît, qui marche bien (selon moi); et qu’est-ce qui me déplaît ? Les “plus” et les “moins”.
  • Passer de la tentation à juger (“c’est un vantard”) à l’effort de ne décrire que son comportement (“il s’est vanté hier soir”).
  • Passer d’un point de vue permanent (“elle est comme ça”) à un point de vue relationnel (“elle est comme ça dans telle situation”).
  • Passer du jugemental (“elle est pénible”) au compréhensif et au fonctionnel (“si elle est ainsi, c’est que cela lui sert ou lui apporte quelque chose, mais quoi?”)
  • Passer du ressentiment à la discussion. Aller parler aux personnes avec qui existe un malentendu, ou vis-à-vis desquelles nous avons un ressentiment représente toujours un exercice fructueux, à l’encontre de nos réflexes, qui nous poussent à éviter ceux qui nous agacent, pour mieux médire ou punir de loin. […]

L’objectif de l’approche empathique d’autrui n’est pas d’en venir à approuver ou à aimer la personne en cause mais :

  1. de vous faire du bien
  2. d’éviter un certain nombre de fausses manoeuvres ou d’opinions erronées à son égard
  3. d’apprendre peu à peu à procéder de même pour soi” (p.296-297)

“L’acceptation d’autrui est un attitude corrélée avec un niveau de bien-être global augmenté chez ceux qui la pratiquent. […] L’ouverture psychologique est corrélée à l’estime de soi : meilleure sera cette dernière, plus elle nous aidera à observer sans comparer, envier ou juger, plus elle nous permettra de tirer profit des expériences de vie, d’avoir une flexibilité supérieure et des capacités d’adaptation aux nouveaux environnements. Les études menées dans ce domaine poussent à considérer l’estime de soi comme un facteur d'”activisme psychologique” : elle nous aide à “extraire” les bonnes choses de notre environnement, mais aussi à les provoquer.” (p.298)

“Quel rapport entre pardon, acceptation et jugement? Pardonner, c’est renoncer à juger et à punir. Ce n’est pas oublier. C’est décider que l’on ne veut plus dépendre de la haine et du ressentiment envers ceux qui nous ont blessé. C’est décider de se libérer d’eux. […] Pardonner ce n’est pas absoudre (faire comme si le problème n’avait jamais existé). C’est renoncer à souffrir et à continuer de se punir à cause du souvenir de ce qui a eu lieu.” (p.299)

“L’évitement n’apprend rien. Il ne nous renvoie qu’à nous-même, qu’à des choses que l’on sait déjà : que la vie est dure, que nous avons du mal, que cela aurait été dur d’échouer, que nous avons bien fait de ne pas y aller, que c’est tout de même dommage, etc. Seule a confrontation peut nous apprendre. Parfois, elle nous enseigne des choses douloureuses, mais elle nous instruit. L’évitement, lui, sape d’estime de soi, et au bout du compte, quelle que soit la qualité de nos réflexions sur nous-même, on ne se change que dans l’action. Bénéfices absolus de l’action sur la rumination. Dans je ne sais plus quel film, le scénariste Michel Audiard place cette réplique : “Un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis”. “On ‘a de hautes pensées qu’en marchant”, disait, plus sérieusement Nietzsche.” (p.335)

“Les problèmes d’estime de soi peuvent rendre aveugle et sourd au feed-back, avec ce paradoxe que plus on cherche à protéger ou à développer son estime de soi, moins on tolère le feed-back sur nos actes ou sur notre personne. Les mécanismes qui perturbent la bonne utilisation du feed-back sont par exemple :

  • La tentation permanente de supposer que tout feed-back est inexact. Nous avons déjà évoqué ce péché d’orgueil qui consiste à penser à et à se dire : “Je me connais mieux que les autres ne me connaissent” ou bien “ils n’ont pas toutes les données du problème”. Cette certitude de l’autognose (connaissance de soi) est illusoire et dangereuse : la connaissance d’elles-mêmes qu’ont les personnes ayant des problèmes d’estime de soi est toujours partielle car trop contaminée par le désir de ne e voir que ce qui les arrange (le négatif pour les basses estimes de soi).
  • Dans la même lignée, la conviction que tout feed-back ne peut être que douteux, qu’il soit positif (“ils disent cela pour m’épargner”) ou négatif.’ (p.353-354)



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